The Dalberg Report

Sénégal

Senegal

Introduction

Infrastructures: Le Sénégal dispose d'un avantage considérable en termes d'infrastructures grâce à un grand nombre de connexions aux câbles sous-marins. Sonatel a une position dominante sur ces connexions, cependant l'accès à l'Internet est peu coûteux par rapport aux pays voisins. Peu d'infrastructures atteignent les villes de second rang, et encore moins les zones rurales du Sud et du Sud-Ouest.

Conditions d'utilisation: Par rapport au nombre d'habitants, le Sénégal devrait être en bonne position pour absorber l'impact positif de l'Internet. Les réseaux sociaux ont attiré les populations en ligne, les coûts d'accès dans les villes sont peu élevés, et la demande émanant de grandes sociétés de télécommunications a créé un pool de développeurs de logiciels relativement important.

Activité et impact dans les secteurs: De nombreux projets pilotes ont été mis en œuvre dans les secteurs de l'agriculture, de la santé et des PME, mais ces efforts restent fragmentés pour l'essentiel, et en conséquence, l'Internet n'a eu qu'un impact durable faible par rapport au Ghana, au Kenya et au Nigeria.

Le rôle du gouvernement: Dans la quasi-totalité des secteurs, les personnes que nous avons interrogées ont déclaré que le gouvernement devrait fournir davantage de conseils sur le rôle des TIC, que ce soit en tenant lieu de promoteur et d'organisateur, ou en proposant un ensemble clair de politiques permettant au secteur privé d'entreprendre davantage d'actions. Les changements opérés au sein du gouvernement ont réduit la confiance dans le ministère des TIC, qui a connu 11 ministres au cours des 10 dernières années.

Introduction

Infrastructure: Senegal has a significant advantage on infrastructure thanks to a large number of international connections to sea cables. Sonatel holds dominant market position but, Internet access is inexpensive compared to nearby countries. Little infrastructure extends into second tier cities, even less to rural areas in the south and southwest.

Usage conditions: On a per capita basis Senegal should be well placed to absorb the positive impact of the Internet. Social networks have driven people online, access costs in the city are low, and demand from major telecoms has created a relatively large pool of software developers.

Activity and impact across sectors: There are many pilots across the agriculture, health, and SME sectors, but efforts are largely fragmented, and as a result, the Internet has had little sustainable impact compared to Kenya, Ghana, and Nigeria.

Role of government: Across nearly every sector, our interviewees said the government should provide more direction on the role of ICT, either by being the first mover and convener, or by setting a clear set of policies that would allow more action from the private sector. Governmental flux has diminished confidence in the ICT Ministry, which has seen 11 ministers in the past ten years.

Contexte

En tant que porte d'entrée de l'Afrique de l'Ouest, le Sénégal est l'un des pays les plus stables de la région sur le plan politique. Sur les 12,7 millions d'habitants que compte le pays, 43 % sont âgés de moins de 15 ans. Sa capitale, Dakar, est la région la plus peuplée du pays, et héberge plus d'un cinquième de la population. Le Français est la langue officielle, et l'essentiel du contenu étranger consulté au Sénégal vient d'Europe. Le Wolof, la langue du groupe ethnique dominant, est également parlé dans tout le pays.

Le Sénégal se trouve confronté à des défis considérables en matière d'éducation, d'infrastructures et de santé. D'après le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le classement du pays à l'indice de développement humain (IDH) est supérieur à la moyenne des pays appartenant au groupe à niveau de développement faible, mais inférieur à la moyenne pour l'Afrique subsaharienne. Plus de la moitié de la population du pays est analphabète et seulement trois élèves sur cinq terminent l'école primaire1. Seulement deux personnes sur cinq ont accès à l'électricité, et le manque d'électricité est cité comme un obstacle majeur par 58 % des entreprises et a provoqué des émeutes importantes à Dakar en 2011. On compte moins d'une infirmière ou médecin pour 1000 personnes, et le taux de mortalité infantile s'élève à 47 pour 1000 naissances en raison du manque d'accès aux soins médicaux dans les zones rurales.

Context

As the gateway to West Africa, Senegal is one of the most politically stable countries in the region. Of its 12.7 million people, 43% are below the age of 15. The capital, Dakar, is the most populous region of the country, home to more than one fifth of the population. French is the official language, and much of the foreign content accessed in Senegal comes from Europe. Wolof, the language of the dominant ethnic group, is also spoken throughout the country.

Senegal faces significant challenges in education, infrastructure and health care. According to the United Nations Development Program (UNDP), Senegal’s Human Development Index (HDI) ranking is above the average of countries in the low human development group, but below the average for Sub-Saharan Africa. More than half the population is illiterate and only three in five students complete primary school.2 Only two in five people have access to electricity, and lack of electricity is cited as a major constraint by 58% of firms and caused significant rioting in Dakar in 2011. There is fewer than one nurse or doctor per thousand people, and infant mortality is 47 per thousand births due to lack of access to healthcare in rural areas.

Aperçu du secteur des TIC

Le Sénégal a lourdement investi dans le secteur des TIC et est connecté à l'Internet depuis avril 1996. Depuis l'ouverture du secteur des TIC aux investissements privés en 2001, le Sénégal a assuré la réglementation de ce secteur par le biais de l'Agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP). L'ARTP opère sous la supervision directe du président et est largement considérée comme une entité dotée d'un pouvoir de réglementation sur le ministère de l'Information et des Communications. L'Agence de l'Informatique de l'État (ADIE), qui a remplacé l'ancienne Direction Informatique de l'État (DIE), fournit au gouvernement national des systèmes et outils de TIC pour fournir des services d'e-gouvernement à la population.

La participation du Sénégal à l'Internet a débuté tôt, avec la Stratégie nationale pour le développement des TIC de 2001, qui promeut dans une large mesure l'e-gouvernance et le renforcement de l'industrie nationale des TIC. Plus récemment, le Programme national de bonne gouvernance (PNBG) du Sénégal et son Document de politique économique et sociale (DPES) ont mis en avant les TIC en tant que secteur transversal qui permettra au pays de réaliser ses objectifs de développement à l'horizon 2015. La Stratégie de croissance accélérée (SCA) envisage de former 10 000 experts des TIC et des services en ligne, de promouvoir des initiatives afin de permettre au secteur de contribuer au PIB à hauteur de 15 % et de créer au moins 240 000 emplois d'ici 2015.

Il s'agit d'un objectif optimiste, étant donné le manque de compétences informatiques des utilisateurs et des employés du gouvernement. De plus, le Sénégal ne dispose pas de stratégie détaillée spécifique au secteur des TIC, le gouvernement n'a pas explicitement alloué de fonds à ce secteur. La bureaucratie et la résistance observée entravent les efforts actuels de l'ADIE visant à numériser tous les ministères et entités du gouvernement. Le ministère des Communications, des Télécommunications et des Technologies de l'information n'a par exemple pas encore développé de site Internet. Bien que l'ADIE soit chargée de mettre en œuvre les services de TIC dans les ministères, 80 % des dépenses consacrées au TIC par le gouvernement dépassent son contrôle et l'agence souffre constamment de manques de financements.

Le Sénégal a besoin d'investissements supplémentaires dans ses infrastructures physiques afin d'améliorer l'accès et de réaliser les objectifs de développement qu'il s'est fixé en matière de TIC. Le manque de financements dont souffre le pays excède 36 millions d'USD par an1. À ce jour, Dakar a été le principal bénéficiaire des améliorations apportées aux TIC et de l'accès. Les régions rurales du Sénégal ont été négligées. Le gouvernement doit réaliser des efforts proactifs s'il souhaite vraiment s'engager à développer l'accès et à améliorer les compétences de la main-d'œuvre pour leur permettre d'utiliser les TIC.

Le Sénégal a également promulgué des lois et politiques dédiées au secteur, mais au moment de la publication de ce document, celles-ci n'étaient visiblement pas réellement appliquées. Les cinq lois suivantes ont été promulguées en 2008 et régissent l'accès aux informations, le financement préférentiel des sociétés des TIC sénégalaises, la cybercriminalité, l’e-commerce, le cryptage et la confidentialité : loi d'orientation ; loi sur la cybercriminalité ; loi sur les transactions électroniques ; loi sur le cryptage des données ; loi sur la protection des données à caractère personnel.

ICT Sector Overview

Senegal has made significant investments in the ICT sector and has been connected to the Internet since April 1996. Since liberalising the ICT sector to private investment in 2001, Senegal has regulated it via the Regulatory Agency for Telecommunications and Post (ARTP). ARTP answers to the President and is widely regarded as having regulatory power over the Ministry of Information and Communications. The Agence De l’Informatique De l’Etat (ADIE), which replaced the former Direction Informatique de l’Etat (DIE), provides the national government with ICT systems and tools to provide eGovernment services for citizens.

Senegal’s Internet engagement began early, with the 2002 National Strategy Paper for ICT Development4 broadly promoting e-governance and strengthening the domestic ICT industry. More recently, Senegal’s National Program of Good Governance (PNBG) and its Economic and Social Policy Paper (DPES) have highlighted ICT as a crosscutting sector that will enable the country to realize its development goals through 2015. The Accelerated Growth Strategy (SCA) envisions training 10 000 experts in ICT and online services, promoting initiatives to allow the sector to contribute up to 15 percent of national GDP and generating at least 240 000 jobs by 2015.

This goal is optimistic, given current IT illiteracy among users and government officials. Moreover, Senegal lacks a comprehensive strategy specifically for the ICT sector, with no government funds are explicitly dedicated to it. Bureaucracy and resistance are hindering ADIE’s current efforts to digitise all government ministries and entities. The Ministry of Communication, Telecommunications and Information Technology, for example, has yet to develop a website. Though ADIE is responsible for implementing ICT services in ministries, 80% of the government’s ICT spending is outside its control and the agency continually suffers from funding gaps.

Senegal needs additional investment in its physical infrastructure to improve access and achieve its ICT development goals The country experiences a funding gap of more than US$36 million per year.5 Dakar has been the primary beneficiary of ICT improvements and access to date. Rural Senegal has been neglected. Proactive efforts must be made if the government is committed to extending access and improving the labor force’s ability to utilise ICT.

Senegal has also enacted laws and policies for the sector, but at the time of publication, there was little perceived enforcement. The following five laws were enacted in 2008 and govern access to information, preferential funding for Senegalese ICT companies, digital crime, e-commerce, encryption, and privacy: Orientation Law; Law on Cybercrime; Electronic Transactions Act; Data Encryption Act; Law on Personal Data.

Structure du marché

Le Sénégal a entamé la libéralisation de son secteur des télécommunications en 1997 avec la privatisation partielle de son opérateur national de téléphonie, Sonatal, passé à Orange, anciennement France Télécom. Bien que le nombre de grands opérateurs de téléphonie mobile ait augmenté pour passer de un à trois, la Sonatel contrôle toujours plus de 60 % du marché. En 2012, plus de huit millions de personnes sur les 12,6 millions d'habitants que compte le pays possédaient un téléphone portable.

Le Sénégal dispose également d'un bon accès à la bande passante, avec des connexion aux câbles sous-marins à fibre optique ACE, Atlantis 2, GLO 1, Main One et SAT-3/WASC.

En 2011, la pénétration de l'Internet atteignait 16 %. La qualité de la connexion s'est améliorée au fil du temps, et la téléphonie a également réalisé des progrès importants, passant d'un système en télécentre de location de ligne fixe, à un remplacement quasi universel par des téléphones portable.

Market Structure

Senegal began liberalizing its telecommunications sector in 1997 with the partial privatization of the national telephone operator, Sonatel, to Orange, formerly France Telecom. Though the number of major mobile phone operators has increased from one to three, Sonatel continues to control more than 60% of the market. By 2012, more than 8 million people of the 12.6 million Senegalese owned cell phones.

Senegal has also had significant access to bandwidth, with connections to the ACE, Atlantis 2, GLO 1, Main One and SAT-3/WASC submarine fibre optic cables.

Internet penetration in Senegal reached 16% in 2011. Connection quality has improved over time, and telephony has also advanced significantly, from a fixed-line rental telecentre system toward near universal replacement by mobile phones.

Case Studies

  • CTIC has launched over a dozen ICT businesses in 2012 by working with 24 startups, proving a model that the government seeks to replicate
  • GAINDE 2000 has allowed Senegal to migrate to a completely paperless customs system, speeding clearance by 22%
  • Manobi enables illiterate farmers to get real time information on local and international prices, resulting in up to 40-50% increases in income